Use design for digital sustainability – Le développement durable s’installe chez UD

Use design for digital sustainability – Le développement durable s’installe chez UD

Use design for digital sustainability – Le développement durable s’installe chez UD 4032 3024 Use Design

Ce qui caractérise notre époque, c’est la perfection des moyens et la confusions des fins.

Albert Einstein.


La durabilité est une notion de plus en plus commune. On perçoit une volonté croissante de faire attention à sa consommation et à ses habitudes pour diminuer son impact sur l’environnement. Parce que oui, l’urgence est présente, les mentalités doivent changer, l’écosystème est en danger. Mais le développement durable n’intègre pas seulement l’environnement et notre impact sur celui-ci, que l’on doit apprendre à modérer. Tel qu’il est apparu dans les années 90, il inclut également les dimensions sociales et économiques. La durabilité n’est possible que si nous considérons ces trois piliers ensemble.

Chez Use Design, il y a une réelle volonté d’intégrer des pratiques plus durables dans la vie quotidienne de l’agence en interne, et à plus long terme, dans nos solutions proposées aux clients.

Nous parlerons ici du développement durable que nous confrontons directement à notre secteur d’activité : le digital.

L’ère du service digitalisé, les nouveaux modèles économiques


L’ère du digital a permis de nombreuses opportunités pour rendre un service facilement accessible pour les usagers et diminuer son impact sur l’environnement. De nouveaux modèles économiques sont apparus et défient les lois de l’économie linéaire, modèle peu contesté depuis la révolution industrielle : extraction des matières premières, fabrication, transport, utilisation, fin de vie.

L’économie de la fonctionnalité vend désormais un usage plutôt qu’un produit et passe souvent par un service digital pour accéder à ses usagers. Par exemple, les vélos en libre service que l’on emprunte et que l’on dépose où bon nous semble.

L’économie de partage ou collaborative se répand aussi de plus en plus : Airbnb propose aux propriétaires de louer leurs biens inoccupés, blablacar offre la possibilité aux conducteurs de partager leurs trajets, ou encore les plateformes de financement participatif permettent d’investir dans des projets et donner leur chance à des initiatives qui nous parlent. Toutes ces offres ont une interface digitale.

Quant à l’économie circulaire, elle peut englober les autres : elle consiste à repenser le cycle de vie de nos produits et services en favorisant la réutilisation, le recyclage, la valorisation des déchets en fin de vie, chose possible si on a pensé à ces possibilités dès la conception et le choix des matières premières utilisées. Concernant la valorisation des déchets, on peut prendre l’exemple de la piscine parisienne de la Butte-aux-Cailles qui utilise la chaleur de data centers situés dans ses sous-sols pour chauffer l’eau. La chaleur n’est pas perdue et les data centers n’ont plus besoin d’être ventilés.

Ces nouveaux modèles rendent les produits et services toujours plus accessibles, n’importe où et n’importe quand. Faciliter notre quotidien grâce au digital est devenu commun.

Durable et digital

On imagine facilement la mise en place d’une démarche plus durable lorsqu’un designer crée un produit. Il se basera sur l’analyse de son cycle de vie, la recyclabilité de ses composants, la proximité de ses fournisseurs ou encore l’impact du transport. Par exemple, en 2010, la coopérative Mu, agence d’éco-conception, “fait le constat que le besoin d’hydratation au bureau et en itinérance était principalement satisfait par une offre jetable (gobelets, canettes et bouteilles)”. Elle développe alors une gourde personnalisable, réutilisable et éco-conçue à destination des entreprises. Aujourd’hui 800 d’entre elles ont adopté le produit et ont remarquablement réduit leurs déchets plastiques.

Concernant le digital, il est plus difficile d’adopter les bons gestes et d’intégrer dans nos projets une dimension durable. On imagine les solutions digitales comme un remède à la production d’objets physiques. Dans la conscience collective, cette dématérialisation est perçue comme moins polluante. Prenons pour exemple les liseuses, qui peuvent être considérées comme un moyen efficace de lutter contre la production de papier. Pourtant, le bilan carbone réalisé par le cabinet Carbone 4 pour comparer l’impact du livre à celui de la liseuse électronique sur notre environnement, montre que celle-ci est largement plus polluante que son homologue papier. Les matériaux requis à sa production (batterie en terres rares, extraction minière, transports, solvants…) et sa durée de vie, d’en moyenne cinq ans, dépassent de loin l’impact du livre. Il faudrait acheter un livre neuf, puis le jeter directement après sa lecture et cela plus de soixante fois par an pour atteindre une empreinte carbone équivalente. Les alternatives les plus durables restent l’emprunt ou l’achat de seconde main.

La pollution digitale / la pollution numérique

L’ère du numérique nous apporte un confort de vie qu’on n’aurait pu imaginer il y a 30 ans. Elle nous permet d’innover sans cesse, à une vitesse incroyable avec un but précis : faire toujours mieux, toujours plus facile, toujours plus accessible. Mais à quel coût ?

Ces nouvelles solutions digitales génèrent aussi une pollution, déterminent de nouveaux enjeux sociétaux et, comme on l’a vu précédemment, de nouveaux modèles économiques.

La partie visible de l’iceberg est la pollution numérique. Il s’agit de la pollution créée par les composants nécessaires pour nous apporter ces services digitaux. Notre ordinateur, notre téléphone ont généré une empreinte carbone durant leur cycle de production : via l’usinage de matériaux lourds ou rares, l’industrialisation de l’assemblage ou encore les transports des composants. Durant leur cycle d’utilisation, l’empreinte se mesure via la consommation d’énergie ou encore le transfert numérique de data. Enfin, durant leur cycle de recyclage ou de démolition, l’impact est mesurable avec l’industrialisation du démantèlement, la transformation des composants ou encore l’incinération de composants ne pouvant être revalorisés. Ce constat est le même pour chaque composant utilisé dans nos télévisions, nos GPS, etc. N’oublions pas les serveurs sans lesquels nous ne pourrions pas vivre l’expérience du digital telle qu’on la connaît : personnalisée et illimitée. Dans le monde, 60 millions de tonnes d’appareils numériques sont jetés chaque année pour seulement 5% recyclés.

La partie immergée de l’iceberg est la pollution digitale, pourtant omniprésente dans notre quotidien. En effet, une recherche google consomme 5 à 7 grammes de CO2. Un mail à notre tante qui habite de l’autre côté du pays produit 10 grammes de CO2, soit l’équivalent de ce que peut absorber un arbre en une journée. En moyenne en France, un salarié d’une entreprise de moins de 100 personnes envoie 33 mails par jour, soit l’équivalent de 1 000 km parcourus en voiture, ce qui représente 330 grammes de CO2 par jour. Tout cela nous ne le voyons pas.

L’écologie digitale / l’écologie numérique ou Green IT

L’impact du digital sur notre planète n’est donc plus à prouver. C’est comme cela qu’est née l’écologie digitale, qui selon le cabinet d’études et de conseil Occurence est définie comme : « la discipline qui étudie l’impact environnemental des différents écosystèmes reliant l’humain et le digital dans le but d’en limiter les effets nuisibles pour l’environnement ». Pour apporter des solutions concrètes à cette pollution 2.0, nous voyons émerger de plus en plus de start-ups : CleanFox aide les utilisateurs à nettoyer leurs boîtes mail et à se désinscrire des innombrables newsletters ou encore Digital for the Planet, fondée par Inès Leonarduzzi, accompagne les entreprises dans la mise en place d’une écologie digitale. Malgré tout, l’enquête réalisée pour cette start-up par Occurence, souligne que 73% des français ne sont pas conscients de l’écologie digitale. Chez Use Design, on voit ces start-ups porteuses de bonnes nouvelles et d’espoir : enfant du digital, je peux rester une adepte du numérique tout en adoptant des habitudes responsables.

Quid du sociétal dans le digital ?

Depuis l’arrivée du digital de nouveaux enjeux sociétaux ont émergé. Universaliser l’information, faciliter des processus administratifs grâce à la dématérialisation, permettre un accès aux données n’importe où et n’importe quand sont synonymes d’une vraie révolution dans notre société. Mais on parle aussi aujourd’hui de discrimination et de cyberharcèlement via les réseaux sociaux, des problématiques éthiques sont soulevées avec l’exploitation des données personnelles, certaines parties de la population se retrouvent exclues de nouvelles expériences ou services digitaux car ils ne sont pas familiers avec ces nouvelles pratiques. De plus, il semble important de se demander si ces offres répondent réellement à des besoins ou s’ils nous rendent plus vulnérables à la surconsommation.

En réponse à cela, on voit des concepts design refaire surface : l’upstream design promeut le retour à la source du besoin pour une simplification des solutions potentiellement non digitales ou low-tech, ou le design pour tous qui s’intéresse aux minorités pour développer des solutions quotidiennes inclusives.

On constate également l’émergence de solutions alternatives pour la protection de nos données : le moteur de recherche Qwant s’engage, par exemple, à ne pas tracer ses utilisateurs, ou vendre leurs informations ; la loi RGPD en est un autre exemple. La startup Famileo connecte les séniors à leurs familles : une application partagée par tous les membres d’une famille permet de poster photos et messages à destination de ses aînés. Une Gazette imprimée arrive ensuite directement dans leur boîte aux lettres.

L’impact social sur le long terme de l’insertion du digital dans nos vies est difficilement identifiable. L’exemple le plus parlant est la digitalisation des dossiers médicaux. Pour certains, il s’agit d’une réelle opportunité de se débarrasser du carnet de santé, des feuilles d’ordonnances, des copies d’examens, et des questionnaires des soignants sur notre historique familial. D’autres voient en ce projet un danger pour les données personnelles, leur intimité, ou encore un manque d’éthique puisque chaque professionnel de santé aurait accès à notre dossier médical complet.

Chez Use Design

Il est clair que chaque employé est sensible à cette problématique de la durabilité. Dans leur vie personnelle, dans leur consommation quotidienne, les bonnes pratiques émergent pour leur bien-être, celui de leurs familles et celui de notre planète.

A l’agence, une vraie cohésion au sein de cette équipe est en place, un bien-être quotidien au travail porté par Marie, office and happiness manager. Une journée de télétravail est instaurée depuis quelques mois, des temps d’échanges autour d’un sujet précis présenté par l’un d’entre nous appelés “Lunch&Learn” ont lieu deux fois par mois, la communication entre les salariés est spontanée et chacun s’écoute, on ne compte pas ses heures mais on sait se laisser du temps pour ses activités personnelles… Autant dire que le pilier social est bel et bien solide.

Concernant celui de l’environnement, il reste du travail. Depuis peu, des “challenges” internes pour adopter de bonnes pratiques se mettent en place. Chaque semaine, une nouvelle proposition de bonne pratique est intégrée dans notre quotidien. Elle peut concerner la consommation responsable : diminution de nos déchets plastiques lors de nos achats de plats à emporter ou l’utilisation de gourdes ; ou encore la pollution digitale : utilisation d’un moteur de recherche écologique Ecosia ou le débranchement des appareils non utilisés.

Enfin, d’un point de vue économique, nous réfléchissons en interne à un nouveau service de design accessible à des startups peu importe leur niveau de maturité. Notre choix se porte notamment sur celles abordant des thématiques qui nous tiennent à coeur comme la santé ou encore le développement durable de manière plus générale. Cet alignement entre travail et valeurs a toujours été un point d’honneur pour les associés de Use Design. En effet, les projets doivent être en accord avec l’éthique de l’agence et ne pas entrer en contradiction avec les valeurs des designers affiliés à ces projets.   

Aujourd’hui notre désir est de pouvoir continuer à aligner valeurs personnelles et travail. Entrer dans l’agence ce n’est pas laisser ses convictions à la porte. Conscient de l’urgence nous souhaitons nous présenter comme une agence bienveillante en intégrant dans nos relations clients et partenaires cette notion de durabilité. Nous avons une responsabilité de transmission. Nous sommes convaincus que c’est un besoin vital pour notre planète et notre société, c’est pourquoi nous souhaitons agir à notre échelle. Cela commence par notre quotidien en interne, pour sur le long terme, pouvoir sensibiliser nos partenaires à la source de leurs projets.


Quelques chiffres

Le chiffre écolo : Le 1er août 2018 est le jour du dépassement mondial. C’est à cette date que l’humanité a dépensé l’ensemble des ressources que la Terre peut régénérer en une année. Si les populations vivaient toutes au rythme des français, cette date aurait été avancée au 5 mai.

Le chiffre social : A partir du 6 novembre 2018 à 15H35, les femmes travaillent gratuitement. Ce chiffre exprime la différence de salaire moyen entre les hommes et les femmes en France, qui pour un même poste, s’élève à 15,2%.

Le chiffre économique : 380 millions d’emplois seraient créés d’ici à 2030 si les 17 objectifs mondiaux établis par les nations Unies à l’horizon 2030 étaient réalisés dans quatre secteurs (Alimentation et agriculture, villes, énergie et matériaux, santé et bien-être).  Près de 20% de ces emplois sont liés à une unique opportunité : le logement abordable.


Amandine Guegano — Service Designer @ Use Design
Louise Roussiere— Service Designer @ Use Design 


Sources :

Le développement durable – https://www.ademe.fr/expertises/developpement-durable/quest-developpement-durable

Livre blanc Numérique & Environnement – https://www.wwf.fr/sites/default/files/doc-2018-03/180319_livre_blanc_numerique_environnement.pdf

La pollution numérique – https://www.franceinter.fr/societe/pollution-numerique-greenpeace-pointe-du-doigt-les-mauvais-eleves

La pollution digitale – http://www.influencia.net/fr/actualites/in,etudes,pollution-digitale-terme-trop-ignore-francais,8598.html

CAMILLE LINGRE, influancia.net, 16/07/2018

L’écologie digitale –  l’écologie numérique / Green IT:

https://www.lemondedelenergie.com/ecologie-digitale/2018/09/10/

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/ecologie-digitale-pollution-numerique-56681/

Les alternatives:

Film: Demain

Piscine de la Butte-aux-Cailles – https://www.20minutes.fr/paris/2068527-20170516-data-center-chauffe-eau-piscine-paris-27

Coopérative Mu – https://cooperativemu.com

Cleanfox – https://beta.cleanfox.io/fr

Qwant – https://www.qwant.com

Famileo – https://www.famileo.com/famileo/

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