Designer et/ou facilitateur, sur quel pied danser ?

Designer et/ou facilitateur, sur quel pied danser ?

Designer et/ou facilitateur, sur quel pied danser ? 768 512 Use Design

Tous les métiers, quels qu’ils soient de la plomberie à la finance en passant par le design possèdent leur part d’expertise technique. Nous sommes tous des artisans avec un savoir-faire technique. Comme un potier, qui part d’un morceau de glaise pour créer un magnifique objet, nous partons d’une matière première que nous transformons en quelque chose qui possède une valeur ajoutée.

La matière première d’un designer sont les usages, les comportements, ses observations, qui lui servent à façonner un produit ou un service utile, compréhensible et agréable à utiliser. Ainsi, il transforme et ajoute de la valeur.

Jusqu’ici, cela paraît plutôt simple. Sauf qu’aujourd’hui, il n’est pas évident de mener à bien des projets complexes. Cela demande de mobiliser un grand nombre d’acteurs dont le concours est indispensable. Et pour les emmener ou faire en sorte qu’ils vous suivent, il faut qu’ils s’approprient le sujet et vos réponses, ou plutôt les leurs.

En effet, ces dernières années, le monde du design pousse à faire de la co-création, car nous sommes plus enclins à être d’accord avec nos propres idées plutôt que celles des autres. Impossible de réfuter cette réalité.

Cette activité co-créative a des avantages certains. Elle ouvre parfois les horizons, amène des idées inattendues, permet de souder un groupe. Mais elle a aussi ses inconvénients. Elle inclut parfois les gens dans une dynamique créative dans laquelle ils ne sont pas à l’aise. Elle brouille la lisibilité des territoires d’expertise de chacun.

Dans ce contexte, il est quelquefois ardu de trouver la bonne posture en tant que designer. Doit-on se positionner en tant que “concepteur” ou “facilitateur” ?

Si on reprend notre analogie du “potier designer” dans une hypothétique mission de création d’une série de vase, il doit choisir entre l’une des postures suivantes :

  1. Celle du concepteur, qui va chercher à comprendre, par empathie, l’envie, l’élan de son client et des futurs acheteurs, puis devenir une force de proposition de par son expérience, afin d’exécuter rapidement une grande série d’objets fiables, utiles et beaux. C’est la posture classique, qui tend à être remise en question, par la culture du “tous designer”.
  1. Celle du  “facilitateur” (entre guillemets, car il s’agit là encore d’un véritable métier, nécessitant  une grande technicité), du guide, du professeur, qui va chercher à accompagner son client alors que celui-ci va prendre place lui-même derrière le tour de potier et avoir la satisfaction de façonner de ses propres mains peut-être son premier vase. C’est une posture de plus en plus courante dans les missions de design.

Il n’est pas question ici d’émettre un jugement de valeur, mais de comprendre les résultats que l’on peut attendre de ces deux postures. 

La posture du designer facilitateur va permettre à une équipe d’accélérer l’adoption d’un projet et de renforcer l’adhésion autour d’une idée. Au delà du résultat final, qui peut être aléatoire pour les futurs acheteurs, c’est parfois l’enjeu qui sera le plus important : créer du momentum en interne qui va permettre de créer de manière collaborative un premier produit.

A l’opposé, la posture de designer concepteur va permettre de fiabiliser l’exécution d’un projet dont le résultat final sera à la hauteur des attentes des futurs acheteurs, voir au delà de ces dernières.

Bien comprendre le produit de l’une ou l’autre posture est une des clefs de la réussite d’un projet et d’une relation client. Et vous, que cherchez-vous réellement à atteindre en tant que designer ou que client ?

Vivien Gauthier — Directeur associé et designer @ Use Design, une agence de design à Paris qui accompagne les ETI à concevoir leurs outils professionnels.

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